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Vanber (1905 - 1994)

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Vanber, Collages

Réalisés dans les années 1970-75, ces trois collages procèdent bien de cet esprit d'assemblage qui sous-tend toute l'œuvre de Vanber et que l'on retrouve aussi bien dans sa peinture, avec le jeu des juxtapositions de plans et formes géométriques colorées, que dans sa sculpture ou ses collages. Dès les années 1930-35, Vanber réalise ses premiers collages qui s'inscrivent dans la suite des papiers collés cubistes, où jouent l'objet, la matière et le mot. C'est pendant la guerre, dès les années 1940 que Vanber va s intéresser aux superpositions d'affiches apposées sur les murs de Paris, lacérées, déchirées par le passant et à leurs qualités plastiques. Ainsi, préparant ses cours alors qu'il est professeur de dessin dans les écoles de la Ville de Paris, il écrit : "Les murs du métro, couverts d'affiches, certaines lacérées artistiquement pourrait-on dire, font autant de tableaux qui donnent à rêver".

Car c'est bien au tableau, à la peinture que s'intéresse tout d'abord Vanber avec ses premiers décollages/recollages. S'il arrache des fragments d'affiches, s'il collectionne des éléments d'emballages, morceaux de papier peint, ou papiers de bonbons, s'appropriant ces éléments du réel, c'est pour que, utilisés comme autant de possibles plastiques, ils servent à reconstruire une autre œuvre. Bien plus, au début ils seront pour Vanber des sortes de dessins préparatoires, esquisses, pour des peintures qui, les "'reproduisant", en annuleront malheureusement les dimensions physiques, les qualités sensibles de matière et de lumière, les jeux de matité/brillance, la transparence ou les épaisseurs.
La galerie Suzanne Michel présentera une série de ces collages en 1951 et 1953.
Vanber réalisera un grand nombre de ces collages qui le plus souvent ne donneront lieu à aucune peinture et sont une expression à part entière. Souvent de techniques mixtes, ils associent aux fragments d'affiches prélevés et recollés par l'artiste la gouache ou l'huile, qui servent alors de fond ou les recouvrent et les retravaillent partiellement comme ici (1,2,3) D’autres fois, à côté du jeu purement plastique des couleurs, des formes et des matières, Vanber introduit encore plus cette part de réel à laquelle il est profondément attaché par l'apparition en transparence l'éléments écrits du papier journal sur lequel sont souvent réalisés ces collages ou encore par des détails et éléments figuratifs (3).

Hélène Moulin, conservateur du Musée de Valence

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