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Etienne Jules Paul NOEL est né à Orléans le 2 juin 1885. Il est l'enfant d'Alfred NOEL architecte et d'Aglae NOEL née CHIER sans profession. Il est le sixième de la famille qui compte quatre frères et deux sœurs. Il obtient son baccalauréat mention lettres et philosophie le 15 novembre 1903, ainsi que le baccalauréat mention droit le 26 décembre 1905. Il est probable que ce soit au cours de ses études qu'il fréquente Maurice ASSELIN futur peintre de renommée et également orléanais. Il est licencié en droit le 30 octobre 1906 à l'Académie de Paris. Cette même année son ami Maurice ASSELIN peint son portrait. Son diplôme obtenu, il effectue son service militaire au 131e Régiment d'Infanterie de Bourges, à l'issu duquel il est promu au grade de sous-lieutenant le ler avril 1908. De 1908 à 1914 il occupe un atelier à Paris au 5 de la rue Brézin dans le 14e arrondissement et mène une vie artistique bien remplie. Le peintre Etienne NOEL s'affirme. Il est mobilisé en août 1914 mais il est enseveli dans une tranchée lors d'un tir d'obus en 1915. Il en réchappe mais sa colonne est écrasée et ses poumons sérieusement atteints. Il est aussitôt évacué et rapatrié à l'hôpital militaire d'Arcachon. Il voyage ainsi pendant sept longues années à travers toute la France, transporté d'hôpital militaire en hôpital militaire, en passant par Nice, Berck Plage (Pas-de-Calais), Paris avec plusieurs séjours au Val de Grâce et Toulon. Etienne NOEL vit presque quatre ans alité et doit porter un corset de cuir toute sa vie et lutter sans cesse contre la maladie. A partir de 1917 il profite de liens d'amitié avec le notaire Maître Richard pour s'arrêter plusieurs fois à Dieulefit et s'y reposer. Ces haltes répétées permettent à Etienne NOEL de découvrir l'atelier de poterie de Louis PIGNET faisant naître en lui l'envie d'un éventuel rachat. Ce goût prononcé pour la poterie est certainement héréditaire puisque ses deux grands-pères étaient potiers, l'un à Giens et l'autre à Creil. De plus il est probable qu'il ait rencontré Raoul LACHENAL potier et céramiste notoire de talent, au cours du salon d'Automne de 1911. En 1919 reconnu blessé de guerre, l'Etat lui offre une formation. Il choisit la céramique avec "Les blessés de l'atelier Lachenal" à Châtillon près de Paris, sous la direction du sous-lieutenant Jean-Jacques LACHENAL frère de Raoul.
Sur ces entrefaites, entre ses pauses hospitalières et l'atelier, il achète la fabrique de Louis PIGNET en 1922, et la rebaptise la "Poterie de la route". Il en devient totalement le propriétaire le 30 juin 1926, après avoir réglé la dernière traite. Cela souligne un développement rapide et une excellence santé économique de son affaire. Entre temps il épouse la fille d'un colonel en retraite demeurant à l'Enclos, Germaine ROUGER. Celle-ci avait déjà eu une fille en première noce, Laure DU PLESSIS DE POUZILLAC qui travaillera comme décoratrice chez Etienne NOEL et épousera Jacques Courtier, fondateur de la Poterie de Haute Provence. De son union avec Germaine ROUGER, Etienne NOEL aura un fils, Dominique en 1927. E. NOEL exporte sa production à Paris, Londres, en Afrique du Nord, mais surtout sur la Côte d'Azur. Il possède un magasin à Paris, ville dans laquelle il continue sans cesse d'exposer peintures, aquarelles et céramiques. Durant une quinzaine d'années il se démarque de la production dieulefitoise en se tournant vers l'art décoratif, en créant de nouveaux modèles et de nouveaux services qui furent copiés et qui le sont toujours, notamment à Dieulefit. Mais aussi il introduit de nouveaux émaux issus de ses propres recherches. En 1934 il réalise des tuiles pour l'aube d'un bâtiment à la demande du peintre verrier Richard BURGSTHAL installé dans le Var. Dès lors il s'intéresse à l'art du verre et entame une série d'expériences en ce domaine. Pour cela il construit en 1936 un four à quatre creusets. En 1937 il dépose le brevet de sa fameuse "pomponette", flûte à champagne sans pied, et réalise les dalles de verre pour un des palais de l'Exposition Universelle de Paris. La même année il participe à la restauration des vitraux des cathédrales de Bourges, de Chartres et de la Sainte-Chapelle à Paris. Toujours la même année, il obtient la médaille d'or pour ses céramiques à l'Exposition Universelle des Arts et Techniques à Paris. Malheureusement les lourdes pertes enregistrées pendant l'exercice de cette nouvelle activité -la verrerie- le conduisent à la faillite. En 1939 son banquier Louis LEMAIRE afin d'effacer ses dettes, l'oblige à créer une société dans laquelle il ne détient que 49% des parts. Cette dernière est dissoute le 11 janvier 1943 lors d'une vente à la bougie chez le notaire Maître BERTRAND. L'état de santé d'Etienne NOEL s'aggrave à partir de 1945. Il partage alors son temps entre Eze où sa femme possède un magasin.
Source : Texte du catalogue réalisé lors de l'exposition organisé en collaboration avec la maison de la terre à Dieulefit (juin-octobre 2002).
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