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Willy EISENSCHITZ, peintre autrichien formé à l'école des beaux-Arts de Vienne, a choisi de vivre et travailler a Paris à partir de 1912. Après la guerre, la découverte de la lumière du Midi, au cours de voyages dans le sud de la France et en Italie, bouleverse sa vision. Admirateur de Cézanne depuis ses débuts, il insiste sur la permanence des formes géométriques dans la nature et utilise avec subtilité une gamme de coloris très personnelle. Son œuvre relève d'un expressionnisme mesure et harmonieux, éloigné de la violence de certains peintres originaires d'Europe centrale, qui forment alors l’Ecole de Paris. II expose dans de nombreuses galeries dont celles de Berthe Weil et Joseph Billiet tout en participant aux grands Salons. Reconnu rapidement comme un peintre important, ses toiles seront achetées a plusieurs reprises par l'Etat et de grands collectionneurs étrangers. Installé à LaValette-du-Var. Voisin et ami de Pierre Deval, à partir de 1927, Willy EISENSCHITZ fréquente la communauté littéraire et artistique qui anime Toulon et Sanary dans les années 30. A cette époque, il se révèle un aquarelliste de grand talent qu'admirent, entre autres, Aldous Huxley et Jean Giono. Naturalise français en 1935, il trouve refuge dans la Drôme à Dieulefit durant l'occupation. Après la guerre, il expose régulièrement dans les Salons et Galeries du Midi en compagnie de son épouse Claire Bertrand, peintre également. Tout en restant très composée, sa peinture devient alors plus libérée et colorée. Dominant superbement la technique du dessin, irremplaçable Ecole du Regard, il a produit aussi une oeuvre graphique importante, encore peu connue. De nombreuses feuilles retrouvées récemment provenant de son atelier permettent d'apprécier cette autre facette de son talent. Réfléchi et mesuré, mais aussi visionnaire et mystique, Willy EISENSCHITZ explorait à sa manière le visible en I'interrogeant inlassablement. En dépit de la répétition des thèmes et quelque soit la technique utilisée, par cette démarche intime chaque oeuvre est le reflet d'une profonde sensibilité, la trace de I'émotion ressentie que le spectateur est invité à partager. Ainsi s'explique le si vif attachement des amateurs : au-delà d'un naturalisme agréable, ils se sentent lies à I'artiste par le mystère d'une secrète communion. Le musée de Toulon, après le musée d’art moderne de Linz (Autriche) en 1999, a rendu hommage au talent de Willy EISENSCHITZ en organisant une importante rétrospective de son oeuvre lors de I'été 2001.
JEAN PERREAU
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