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max monier de la sizeranne (1825 - 1907)

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MAX MONIER de LA SIZERANNE est né à Tain-L'Hermitage en 1825 et mourut en 1907.
Un certain mystère entoure la vie de cet artiste discret qui a légué à sa ville natale la plus grande partie des tableaux qu'il réalisa, semble-t-il, au cours de quinze années de voyage dans le midi de la France et en Italie.
De 1857 à 1878, il présenta régulièrement au Salon de Paris des paysages de la Côte d'Azur, de Rome et de Naples.
Plus de cent tableaux de ce peintre, après avoir été exposés à Tain dans un bâtiment condamné depuis par l'élargissement de la route nationale, sont aujourd'hui accrochés à tous les étages de la mairie de Tain qui entretient avec soin ce patrimoine d'un artiste trop peu connu qui est pourtant l'un des plus authentiques précurseurs de l'Impressionnisme.
Le peintre Pierre Palué, qui fut un ami fidèle d'André Lhote et qui vit depuis plus de cinquante ans à Chavannes où il peint les plus magiques campagnes drômoises et les frémissants secrets des ports sous le soleil, mène depuis de longues années un combat passionné pour la reconnaissance de l'importance de cet artiste.
C'est à Pierre Palué, précisément, que nous emprun-tons les phrases suivantes qui traduisent avec une sobre efficacité toute l'émotion de la peinture de Max Monier de La Sizeranne :« La composition est
toujours excellente et équilibrée. L'artiste "sait dessiner" dans le grand sens du terme. Le métier est d'une grande sûreté : sans violence, mais avec fermeté, la touche est posée vivement. Pas de repen-tir, pas de lourdeurs, pas de maladresses. « L'artiste a certainement été influencé par Corot, mais la traduction de la lumière est différente. « La couleur joue un rôle plus important et si l'on tient compte de l'époque à laquelle les oeuvres ont été réalisées, on trouve des hardiesses étonnantes :
ciels bleus intenses ou rosés, unis ou harmonieu-sement nuageux.
« L'artiste sait transfigurer des motifs austères et ingrats au point de leur donner un aspect "surréa-liste" comme dans ce petit chef-d'œuvre "Rochers au Cap Martin" où, avec des taches abstraites, il suggère et rend présent un amas de rochers. On peut donner maints exemples où l'on retrouve cette "pré-sence obsédante de l'objet" que Van Gogh exprimera plus tard avec plus de force et de génie.
« En dehors du côté purement pictural, H y a encore un élément particulièrement intéressant dans l'œuvre de ce peintre : c'est son intérêt documentaire. Nous avons là des témoignages plus vrais que des photos anciennes sur des paysages qui, pour la plupart, n 'existent plus. Un jour viendra où les amateurs d'art venant dans notre région ne manqueront pas défaire escale à Tain pour y admirer les tableaux de Max Monter de La Sizeranne. »
Le musée de Marseille conserve de lui "L'ancien port d'Arles".

 

Source : Peintres Daphinois de la Drôme, ACMAD 1994

Vanber