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paul urtin (1874 - 1962)

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PAUL-FRANÇOIS Marie URTIN est né à Grenoble le 12 juillet 1874. Il fut élève du lycée Champollion comme du lycée de Poitiers au hasard des garnisons de son père ancien officier de la Garde de Napoléon III. C'est à ses grands-parents Calvat, gantiers grenoblois, que Paul Urtin dût « son existence dorée de jeune rapin parisien » comme l'indique Louise Bouvier, sa petite-nièce, dans un émouvant ouvrage évoquant la vie et l'œuvre du peintre.
Avec ses maîtres grenoblois Tancrède Bastet et François Guiguet, c'est Gustave Moreau son professeur en 1895 à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, chef de file du symbolisme en peinture, qui façonna la vision colorée, comme ouatée, de son univers intimiste.
Ces trois peintres l'ont initié, chacun à sa manière, à la rigueur linéaire des grands anciens. Tancrède Bastet lui donna le goût des scènes champêtres de ses débuts ("Laboureur en Dauphiné", "Gardeuse de dindons") et Gustave Moreau celui de la "splendeur décorative" comme l'écrivit Paul Berret. Mais c'est de François Guiguet qu'il se sentait le plus proche, faisant front à Grenoble, à maintes reprises, aux "tenants de l'académisme".
C'est avec l'aide de Paul Urtin et de François Guiguet qu'Andry-Farcy, qui n'était pas encore le conservateur bien inspiré du musée de Grenoble, fonda en 1908 une "Société dauphinoise des Beaux-Arts".
Dauphinois de Paris ne vivant que pour la peinture, Paul Urtin fut élu en 1932 vice-président du "Gratin", dynamique association qui devint peu après "Les enfants de l'Isère". Son atelier parisien, 33 bis, boulevard de Clichy, celui aussi de l'appartement du 9, rue de la Liberté à Grenoble et surtout la noble demeure de La Motte-Chalencon, dans le Diois, rythmèrent une création chaleureuse, laborieuse, perfectionniste.
Après les paysages, les personnages, les luminosités des campagnes, les ombres des grands arbres, Paul Urtin se laissa gagner, à partir des années vingt, par ce que Louise Bouvier, observatrice émerveillée, appelle "la séduction des intérieurs anciens".
Et c'est bien cette magique superbe maison drômoise de La Motte-Chalencon qui, avec bien d'autres dorures et parquets cirés tels le musée Carnavalet ou les salons de quelques hôtels particuliers de Paris ou d'Aix-en-Provence, fournit au peintre les plus somp-tueux décors, les plus rassurantes intimités des toiles qu'il peignit sous l'inspiration des lumières tamisées, des dentelles, des tapis, des reflets de vieux meubles et des brillances secrètes des dalles du vestibule.
Le peintre exposa ses œuvres dès 1902 à la Société nationale des Beaux-Arts et dans les grands Salons parisiens obtenant plusieurs distinctions (médailles d'argent en 1929, d'or en 1932, de bronze en 1937 au Salon de Paris, et régulièrement dans les grandes galeries de Paris, Lyon, Roubaix, Lille, Saint-Etienne, Grenoble, etc. La première grande rétrospective eut lieu au château de la Condamine à Corenc en 1989.
Des œuvres de Paul Urtin figurent dans de presti-gieuses collections particulières en Europe, aux Etats-Unis et au Japon, et dans plusieurs musées à Paris, Lyon, Marseille, Grenoble, Valence, Annecy, Bourgoin, Brest.

 

Source : Peintres Daphinois de la Drôme, ACMAD 1994

Vanber